dimanche 19 septembre 2021

Jachère

 

466 pages 


Présentation:

La Terre, malade, polluée, a été mise en jachère pour mille ans et interdite d’accès sous peine de mort. L’humanité a été déplacée vers d’autres mondes grâce à la technologie des Connecteurs Quantiques de Blue Horizon.

 

Quatre cent soixante-cinq ans après la Grande Évacuation, Marcus infiltre un équipage de contrebandiers avec un objectif : se rendre sur Terre. Car la Jachère couve un terrible secret : emprisonné dans une bulle de temps accéléré, le berceau de l’espèce humaine a vieilli de cinq millions d’années. Faune, flore, continents, l’ancien monde présente un visage différent.

 

Pour Marcus, les ennuis ne font alors que commencer : il doit retrouver un post-humain au destin extraordinaire et connu sous le nom de guérisseur. Il doit aussi percer le secret de la Jachère…


Mon Post-it:


La Terre, prisonnière d'une bulle de temps accéléré où chaque seconde sur la planète bleue vaut trois heures en dehors, c'est une sorte de spin inversé, mais la comparaison s'arrête là. 

Officiellement, celle-ci est protégée pour qu'elle puisse se régénérer en l'absence  des activités humaines, évidemment se cache officieusement une autre raison qui attire les convoitises et va lancer le roman dans une sorte de course contre-la- montre, un livre qui va à cent à l'heure.

Déjà, ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est l'assemblage de ce puzzle géant avec un nombre de personnages assez important qui est très bien maîtrisé par l'auteur, le récit qui alterne les temporalités entre la Terre et l'espace humain, les technologies que l'on visualise-imagine bien (le réseau de Connecteurs Quantiques, l'arme temporelle, j'ai adoré le scripteur à processeur onirique, etc.), les post-humains, et surtout l'enjeu principal de tout se tumulte qui est tout à fait à la hauteur de ce que j'attends de ce genre d'histoire. 

Par contre, malgré un rythme soutenu, j'ai trouvé certains dénouements trop longs,  mais la partie qui m'a laissé sur ma faim, c'est la description de la "nouvelle" Terre.

Alors que les humains se sont dispersés, il y a quatre cent soixante-cinq ans lors de la grande évacuation sur une centaine de mondes, l'évolution de la Terre s'est faite sur cinq millions d'années (l'effet temporel), donc forcément, j'attendais une abondance d'informations pour ce planet-opéra, une planète mise en jachère pendant si longtemps peut être l'occasion d'imaginer tout un tas de mutations, de mouvements ; il y en a, mais c'est franchement timide. 

Je pense que l'auteur est parti sur d'autres aspects pour son livre, qui sont réussis et tout à fait louables, pourtant, il y avait largement de quoi élargir son sujet sur la biologie au sens large.


Une lecture agréable, cadencée et bien construite, en dépit d'une partie sous-exploitée. 


Ma note :  8/10


D'autres avis : Post Tenebras Lire



C'est ici







vendredi 3 septembre 2021

Aqua TM

 

955 pages 


Quatrième de couverture :

2O3O.

Alors qu'en Europe des dizaines de milliers de personnes meurent noyées sous les flots lâchés par une digue qu'un groupuscule terroriste a fait sauter aux Pays-Bas, en Afrique, la pénurie d'eau décime les populations.

L'eau, enjeu de toutes les convoitises. L'eau, qui existerait en grande quantité à deux cent cinquante mètres de profondeur au coeur du Burkina Faso, peut-être le plus pauvre des Pays les plus pauvres. L'eau, qu'Anthony Fuller, patron d'un consortium américain, va tenter de s'approprier au mépris de toutes les lois internationales.

Mon Post-it :

Les bouleversements du changement climatique chamboulent le monde, dans Aqua TM, Jean-Marc Ligny nous plonge au coeur des événements, l'auteur fait naître ses personnages dans la douleur, la souffrance, le début est plutôt sombre, déprimant, désespéré, mais finalement assez réaliste, l'auteur met les pieds dans le plat et j'ai aimé cette façon d'annoncer la couleur directement.
Dans ce monde coupé en deux, le nord, est sous les eaux et le sud, souffre de la chaleur et de la pénurie d'eau, lorsque qu'une énorme nappe d'eau souterraine est découverte au Burkina Faso, les appétits capitalistes sortent les crocs, une véritable bataille pour l'eau est ouverte.
La présidente de ce petit pays d'Afrique va tout mettre en oeuvre pour protéger son trésor des mains d'un patron d'une multinationale américaine qui est lui sans scrupule. 
Laurie et Rudy, des personnages clé du roman, vont avec leur camion, sous la houlette d'une ONG Européenne, traverser et braver les dangers inhérents à leur parcours pour amener du matériel de forage, afin de libérer ce peuple assoiffé !
Trois arcs narratifs donc, qui nous font voyager et tente de nous maintenir en haleine, et c'est plutôt réussi malgré quelques longueurs par-ci, par-là.
Un aspect géopolitique intéressant qui touche les lois internationales, et de la géostratégie entre la Chine et les États-Unis, ainsi que l'éconogie (l'économie de l'écologie, dans le livre).

Je dois dire que les parties fantastiques du livre ne m'ont pas séduites, il y en a trop, entre sorcellerie et rituels poussifs d'une part et fanatisme religieux exalté d'autre part, le récit perd un peu de sa substance.
C'est dommage, que l'auteur n'ait pas exploité à fond sa thématique, j'ai préféré sur un thème similaire de pénurie, le livre en panne sèche d'Andreas Eschbach, qui traite de la pénurie de pétrole, qui comporte aussi quelques longueurs, mais je l'ai trouvé plus abouti.

Dans l'ensemble, c'est une lecture agréable, facile et accessible, mais qui manque de profondeur, c'est une bonne entrée en matière de climate fiction, avec ce thriller d'anticipation.

Ma note :  7,5/10 

D'autres avis : Le chien critiqueXapurLhisbeiGromovar, ...

Une chouette interview de Jean-Marc Ligny sur le site de Gromovar ici , qui indique en fin d'interview qu'il est plutôt pessimiste quant à l'avenir de l'humanité, mais j'ai lu récemment un article où il disait revoir un peu sa vision de l'avenir sous un angle plus positif, son prochain livre devrait d'ailleurs faire ressortir cet aspect plus optimiste, à suivre ...




vendredi 16 juillet 2021

Frankenstein ou Le Prométhée moderne

 

336 pages


Résumé :

"C'est alors qu'à la lueur blafarde et jaunâtre de la lune qui se frayait un chemin au travers des volets, je vis cet être vil - le misérable monstre que j'avais créé. Il soulevait le rideau du lit et avait les yeux - si l'on peut les appeler ainsi - fixés sur moi. Ses mâchoires s'ouvrirent et il bredouilla quelques sons inarticulés, tandis qu'un rictus ridait ses joues. Peut-être dit-il quelque chose, mais je ne l'entendis pas. Il tendit une main comme pour me retenir, mais je m'échappai et descendis précipitamment les escaliers. Je me réfugiai dans la cour de la maison que j'habitais ; j'y demeurai le reste de la nuit, marchant de long en large dans un état d'agitation extrême, écoutant attentivement, percevant et redoutant le moindre son, comme s'il devait annoncer l'approche de ce cadavre démoniaque auquel j'avais si malheureusement donné la vie."


Mon Post-it :

Je ne vais pas m'étaler sur l'histoire de Frankenstein que la plupart connaissent de près ou de loin, mais sur ce que j'en pense. Globalement, j'ai trouvé l'écriture soignée et pas si démodée que cela, étant donné son année de sortie : 1818 (probablement, la traduction a dû y être pour quelque chose). Le personnage de Victor Frankenstein, le créateur de "l'abomination" est assez agaçant dans le récit à se morfondre constamment tout en regardant les personnages auxquels il est attaché mourir une à une. La créature qu'il a créée et qu'il rejette aussitôt, va apprendre seule du monde qui l'entoure, elle va rapidement savoir parler, avoir des émotions et des idées pour aborder les humains, malheureusement elle va vite déchanter et se rendre compte que son physique ne va pas lui permettre de vivre normalement, intéressant. L'autrice ne nous donne aucun détail sur la partie scientifique/technique de sa création, j'ai été un peu déçu sur ce point. Enfin, le "monstre" va réclamer à son maitre une compagne pour lui permettre à lui aussi de vivre sa vie, ça ne va pas se passer comme il le souhaite, il s'ensuivra vengeance et mort. Les actes/les conséquences.

Malgré le format court, j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs et des descriptions trop importantes sans plus-value pour le récit, je suis quand même satisfait d'avoir lu ce classique qui se lit bien et facilement, écrit par une jeune femme de dix-neuf ans au XIX e siècle, c'est important de se remettre ça en tête avant de faire des comparaisons avec des auteurs contemporains. 


Ma note : 7,5/10


C'est par ici








mardi 13 juillet 2021

Le bateau fabuleux

 

320 pages 


Quatrième de couverture :

Richard Burton, qui s'était réveillé avec toute l'humanité au bord du Fleuve de l'éternité, voulait percer le mystère des Ethiques.
Et pour cela, il disposait de l'aide de l'un des Ethiques qui semblait avoir trahi son peuple.
Il lui fallait remonter l'immense Fleuve jusqu'à sa source où des rumeurs situaient une tour énorme, siège des Ethiques. Et donc traverser à bord du bateau fabuleux de Sam Clemens, plus connu sous le nom de Mark Twain, une multitude de territoires où les humains s'adonnaient à leurs folies habituelles. Généralement meurtrières. Mais on ne meurt pas durablement sur le monde de l'éternité. A moins qu'on ait épuisé son quota de vies.

Mon Post-it:

Après un excellent premier tome, j'avais hâte de retourner au bord du fleuve avec ses quarante milliards de personnes pour découvrir la suite de l'aventure, je me doutais qu'il dût y avoir un ralentissement (cycle de cinq volumes) mais pas à ce point.
Cette fois-ci, on se retrouve au bord du fleuve de l'éternité avec un nouveau personnage principal connu, Sam Clemens alias Mark Twain, toujours entouré d'autres célébrités dont Erik la hache (Éric 1er de Norvège) Jean sans Terre, Cyrano de Bergerac, Joe le Titanthrope (un géant cousin de Neandertal) et d'autres encore, tout cela offre une bonne consistance au récit.
Puis toujours cette quête, cette volonté de vouloir remonter ce fleuve long de trente deux millions de kilomètres pour y découvrir quelque chose, quelqu'un !
On sait désormais, grâce au premier volet que des mystérieux êtres "les éthiques" ont créé cet endroit, mais quelles sont leurs motivations qui les ont transplantés ici ? 
Aiguillé, aidé par l'un des éthiques, Sam cherche à exploiter le fer et les minerais pour son bateau "fabuleux", or les groupes, les chefs sont installés, il va falloir entrer en négociations politiques, faire la guerre, trahir, et vivre entre espoir et désillusion.
À mi-parcours, j'ai décroché, l'intrigue ne progresse pas, des thématiques pas tout à fait convaincantes et des longueurs malgré un format court.

Vous l'aurez probablement compris, j'ai été déçu globalement, ceci est mon ressenti, je sais que plusieurs lecteurs ont aimé ce titre. 
Quel dommage, d'avoir temporisé comme ça et d'avoir mis l'intrigue au second plan, après nous avoir enchanté dans "Le Monde du fleuve".
Même si j'ai un grosse envie de savoir ou va nous mener cette histoire, je ne suis pas sûr de continuer l'aventure, d'autant plus que le troisième volume fait plus de cinq cents pages, à suivre ...

Ma note:  4,5/10

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dimanche 11 juillet 2021

Le Monde du fleuve

284 pages 


Quatrième de couverture:

Le jour du grand cri, tous les humains qui avaient jamais vécu se réveillèrent, nus, sur les rives d'un fleuve immense, le fleuve de l’éternité. Trente ou quarante milliards, issus de toutes les époques et de toutes les cultures, chacun parlant sa langue, chacun ayant sa conception de l’au-delà, et immensément surpris de se retrouver vivants.
Parmi eux, des ressuscités célèbres en leur temps, l’explorateur Richard Burton, Sam Clemens, alias Mark Twain, Jean sans Terre, Hélène de Troie, Cyrano de Bergerac, Mozart, Ulysse. Et tous les autres.
Tous se demandent qui a construit ce monde impossible, qui les a ramenés à la vie. Et pourquoi ?

Mon Post-it:

Dans ce premier tome "le monde du fleuve", on suit Richard Francis Burton, célèbre explorateur en son temps, comme un grand nombre d'êtres humains, il est nu au bord d'un fleuve, avec pour seul équipement une boite. Ils sont entourés de nombreuses pierres en forme de champignon géant, qui va leur fournir le couvert et bien d'autres choses. Assez vite, passé l'émotion et l'incompréhension de cette résurrection, le naturel revient au galop ; d'abord l'anarchie puis des petites unités locales d'autodéfense et des clans vont se former, des leaders vont émerger. 
Tous ceux qui sont là, ont un corps neuf, jeune et sain, l'argent-roi n'est plus, ils peuvent se concentrer sur la suite, une nouvelle vie pour les uns, des réponses à ce mystère pour d'autres dont Burton. Il y a des personnages atypiques et détonants que je vous laisse découvrir, qui apporte une belle consistance à l'histoire dont l'intrigue est excellente et qui nous fait avancer à grand pas. J'ai adoré comment l'auteur met en relation des personnages plus ou moins connus ayant vécu à des époques différentes, une belle créativité bien liée.
Une nouvelle quête commence pour Richard et ses compagnons qui veulent remonter le fleuve pour découvrir les raisons de leurs présences ici ; une seconde chance pour l'humanité ? Un laboratoire d'anthropologie sociale ? Ou autres choses ?
Toujours est-il que les épreuves ne vont pas être de tout repos, mais fort heureusement, on ne meurt jamais au bord du fleuve de l'éternité, on renaît quelque part, pas toujours où on l'espère !

J'ai totalement été embarqué par l'histoire, avec une bonne intrigue, une chouette aventure avec des personnages bien ficelés, des idées à la hauteur, un livre rondement mené, même si tout n'est pas parfait.
Tout cela dans seulement deux cent quatre-vingt-quatre pages ! 

Ma note:  10/10 💙

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C'est par ici

 





dimanche 4 juillet 2021

Dans la toile du temps

 

704 pages 


Résumé:

La Terre est au plus mal... Ses derniers habitants n'ont plus qu'un seul espoir : coloniser le "Monde de Kern", une planète lointaine, spécialement terraformée pour l'espèce humaine. Mais sur ce "monde vert" paradisiaque, tout ne s'est pas déroulé comme les scientifiques s'y attendaient. Une autre espèce que celle qui était prévue, aidée par un nanovirus, s'est parfaitement adaptée à ce nouvel environnement et elle n'a pas du tout l'intention de laisser sa place. Le choc de deux civilisations aussi différentes que possible semble inévitable. Qui seront donc les héritiers de l'ancienne Terre ? Qui sortira vainqueur du piège tendu par la toile du temps ? Premier roman de l'auteur paru en France, Dans la toile du temps s'inscrit dans la lignée du cycle Élévation de David Brin. Il nous fait découvrir l'évolution d'une civilisation radicalement autre et sa confrontation inévitable avec l'espèce humaine.

Mon Post-it:

La vie sur Terre n'est plus possible, des arches sont envoyées dans l'espace pour trouver une nouvelle planète habitable à détruire. Nous suivons donc le vaisseau-arche Gilgamesh avec à son bord cinq cent mille personnes en hibernation, une société errante qui attend de se poser quelque part. 
Une planète est bien en vue, cependant, elle est véritablement bien protégée et parait inaccessible, ce monde qui a fait l'objet d'un très ancien projet de terraformation, n'a pas atteint son objectif initial, mais alors, pourquoi est-il si bien défendu ?
Sur le "Monde de Kern", la sélection naturelle boostée aux nanovirus a décidé de mettre les araignées au-dessus des autres.
Le livre alterne donc les chapitres entre la vie des humains et des araignées.
Si l'histoire avec les habitants du vaisseau le Gilgamesh ne m'a pas particulièrement passionné, à cause des sempiternelles querelles et vicissitudes de la vie humaine ; il en est tout autre pour la partie arachnide, bien imaginée, subtile et surtout immersive. 
L'auteur pousse assez loin le développement de l'évolution de l'araignée, notamment les rapports communautaires qu'elles entretiennent. A la fin d'un chapitre, on attend avec impatience nos "charmantes" petites bêtes, enfin presque. 
Le milieu du livre est un peu long côté humain, ça tourne en rond et j'avoue que j'aurai aimé plus de peps, côté arachnide ça monte en puissance et on ne s'ennuie pas.
La fin est vraiment excellente, et dépasse même ce que l'on peut s'imaginer en commençant le livre.

Pas de difficulté particulière dans ce livre, de la biologie, de la zoologie et un peu de technologie, franchement accessible à tous.
Même si j'ai aimé ce livre pour son concept, le risque avec ce type de livre qui alterne comme cela, deux histoires, qui se rejoignent malgré tout, on peut se retrouver avec une partie qui prend le dessus sur l'autre, ce qui a été mon cas, et de ce fait, perdre quelque peu le rythme, ce qui n'enlève rien à sa qualité.


Ma note :    7,5/10 






jeudi 1 juillet 2021

Et si Napoléon ...

 

256 pages


Douze auteurs et une autrice ont donc relevé un défi digne du bicentenaire : raconter des histoires alternatives à celle que nous connaissons, qu’il s’agisse d’un Empire qui se survit un temps, ou d’un songe qui passe, adepte des armes de destruction massive, mais aussi pharaon d’Égypte, fan de rencontre du troisième type ou défenseur des droits humains. 

Treize récits d’uchronies napoléoniennes : Ugo Bellagamba • Armand Cabasson • Fabien Cerutti • Jean-Laurent Del Socorro • Victor Dixen • Jean-Claude Dunyach• Silène Edgar • Jean-Philippe Jaworski • Johan Heliot • Raymond Iss • Thibaud Latil-Nicolas • Laurent Poujois • Michael Roch


Mon Post-it:

Je ne suis pas un spécialiste, ni un féru de Napoléon, néanmoins, j'aime l'histoire et l'histoire de France en général. Il y a quelques années, j'ai lu quelques campagnes et batailles napoléoniennes dont il me restais un vague souvenir, me replonger dans ces uchronies m'a rafraichi un peu la mémoire, certaines nouvelles sont plus accessibles que d'autres (parfois difficile de savoir où se situe la divergence, pour les plus pointues). Il faut évidemment aimer l'histoire, il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu une biographie de Napoléon (même si ça peut aider). C'est assez variés pour que chacun y trouve son plaisir de lecture.

D'autant que la préface, très bien faite, nous mets déjà le pied à l'étrier.


Je vous parle ici de celles qui ont retenu mon attention :


Jean Claude Dunyach - La dynamique de la révolution.

Un joli jeu de mots pour mettre en avant les services du savant Lavoisier et de sa chimie pour aider l'empereur dans la bataille qui s'enlise, la plus courte nouvelle du livre, mais dans un style dynamique et piquant. Excellent

Fabien Cerutti - La Nouvelle campagne de Russie.

Une longue nouvelle bien écrite, immersive et captivante. Fabien Cerutti nous plonge dans la campagne de Russie au plus près de Napoléon et de son proche conseiller La Fayette, tous les grands noms de cette période sont présents évidemment à ses côtés, notamment les maréchaux Murat, Ney, Davout, Oudinot, Eugène de Beauharnais ... J'ai beaucoup aimé être au coeur des stratégies militaires du camp français et russe dans le récit, la sagacité du commandant en chef russe Koutouzov et l'audace de Napoléon. Pauline Bonaparte, soeur et "ange-gardien" de l'empereur, va jouer un rôle crucial, mais en attendant, elle passe de bons moments avec La fayette, qui est lui en charge des intérêts français en Amérique. La fin se termine en boulet de canon ! Magistrale.

C'est vrai que les chiffres énormes qui composaient les armées de part et d'autres sont vertigineux, les difficultés des soldats dans ce froid mordant, la faim, les blessures, la fatigue, mais aussi le génie militaire, l'audace. On y retrouvent les lieux culte des affrontements, Bérézina, borodino,Wincowo, Smolensk, etc. 

J'ai eu un coup de coeur pour cette nouvelle, un régal. 💙 

Silène Edgar - Tout se distille. 

Seule autrice de l'anthologie, dans son histoire avec Pierre, ce bonhomme qui recueille des enfants abandonnés, et qui ensemble parcourent la France avec son alambic sur roue, pour vendre son "eau de Napoléon". Silène Edgar nous remémore qui étaient ces enfants-soldats appelaient les Marie-Louise (adolescents qui étaient trouvés ou abandonnés et que l'on envoyait à l'époque sur les champs de batailles). On retrouve aussi des références au "code Napoléon" de 1804 qui entre autres maintenaient les femmes dans des conditions juridiques inférieures à celle des hommes. Une nouvelle avec ton et un style original.

Victor Dixen - Cent-jours sans lui.

Mon deuxième coup de coeur 💙 pour cette nouvelle, dans un style poétique, méditatif, la bataille de Waterloo, aura-t-elle lieu ? Napoléon devra choisir entre une vie courte et intense ou longue et savoureuse. 

Magnifique !

Michael Roch - Rêves d'égalité. 💙

Un texte SF, où il est question de saut temporel, d'hyperloop, qui se passe entre 1992 et le début 1800, sur le thème de l'esclavage aux Caraïbes, avec des personnages tels que l'abolitionniste Louis Delgrès face au général Richepanse l'envoyé de Bonaparte en Guadeloupe pour rétablir l'esclavage. Béni et Léon arrive du futur, ils sont des soldats pour la paix, ils tentent de changer le cours des choses. Seulement, voilà, créer des histoires de différentes natures, mais de même composition ne change pas significativement le cours de l'histoire. La suite va se développer et prendre de l'ampleur, avec des enjeux bien plus importants pour l'avenir des Antilles, et pour l'Empire. 

Une réussite avec un sujet pas simple qui clôt de belle manière cette anthologie.

La postface est éclairante sur Napoléon et l'uchronie, qui pourra donner envie de découvrir d'autres titres sur le thème.

13 nouvelles vraiment agréables dans l'ensemble, pour tous les goûts et tous les niveaux de connaissances, qui permet aussi de découvrir des auteurs et autrice français, dans une belle édition, bravo.

Ma note :  8/10 


C'est par ici






lundi 14 juin 2021

World War Z

544 pages


Le pitch:

La guerre des zombies a eu lieu, manquant d'éradiquer l'humanité. Le narrateur, en mission pour l'ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques. Le mythe des morts vivants revisité sous l'angle de la critique sociale et politique.

Mon Post-it:

Une construction de l'histoire sous forme d'interviews à travers le monde, nous raconte comment les individus ont vécu cette invasion de zombies à une époque.
Un panorama mondial qui est enrichissant, qui nous permet d'appréhender comment chaque pays, chaque citoyen a perçu cet événement et comment il a géré la situation ou pas d'ailleurs.
Max Brooks met en place une chronologie du récit qui est bien réalisé ; l'incertitude des populations face à cette épidémie, puis les premières victimes, la phase organisation pour la survie s'organise dans plusieurs pays/groupes, l'exode, parfois la panique, l'affrontement, le manquement des gouvernements ... Beaucoup de thèmes qui reflètent bien la situation de crise d'une telle épreuve.
Je suis friand de ce qui touche à la survie, les moyens pour y arriver, les réactions/attitudes des gens, le changement des rapports de force dans la société, de ce point de vue là, c'est assez convaincant sans être suffisamment poussé à mon sens.
J'ai aussi aimé le ton du roman, direct, sincère, cru aussi par moment, même si certains passages mon totalement ennuyé. (surtout les militaires)
Seulement voilà, plus les entretiens s'enchaînent et plus ma lassitude grandit, c'est répétitif, et il manque une montée en puissance que j'aime dans un livre de ce genre, qui plus est, sans véritable suspense.
J'en attendais sûrement trop, ça ne m'a pas véritablement convaincu, malheureusement.
Il faut dire aussi, que depuis la sortie de ce livre, il y a quinze ans, nous avons été submergés d'histoires de zombies à toutes les sauces, ce qui n'a probablement pas aidé dans ma lecture.


Ma note:   5,5/10

D'autres avis:  Chut ... Maman lit !Lune, ...







 

mardi 11 mai 2021

La Dernière Arche

528 pages

Quatrième de couverture:

« Nous avons cru que rien dans l’univers ne pouvait nous résister ou s’opposer à notre volonté. Nous nous sommes trompés. »

   Dans la Mésopotamie des premiers âges, Shory, une jeune esclave, est vendue à un mystérieux individu nommé Atim, qui lui propose un marché : l’envoyer dans un fort qu’elle devra protéger, en échange de sa liberté. Elle accepte et rejoint une étrange construction, entourée d’une forêt profonde. Elle y grandit en compagnie d’autres rescapés, originaires de différentes périodes de l’histoire humaine. Tous ont rencontré Atim et se sont vu confier la mission de protéger le Fort. Ils se surnomment les Vigiles. 
   Quatorze ans plus tard, Lena, une jeune femme originaire du XXIIe siècle, rejoint à son tour le Fort. Contrairement aux autres Vigiles, elle n’a pas croisé Atim et veut à tout prix rentrer chez elle. 
   Shory décide de l’aider. Au-delà de la forêt qui assiège le Fort, elles découvriront les réponses à nombre de leurs questions : où sont-elles vraiment ? Pourquoi le Fort doit-il être protégé ? Et quelle est leur véritable mission ?


Mon Post-it:

J'avais adoré Pyramides du même auteur, j'avais donc hâte de découvrir ce titre dans le même univers.

Après nous avoir présenté, les principaux personnages, le fort et ses alentours, Lena va débarquer et bousculer tout ce petit monde des Vigiles, protecteurs de ce lieu mystérieux !  Rassurez-vous le fort n'est qu'un tout petit bout de l'univers tissé par l'auteur, il va tout au long du livre nous donner les pièces manquantes dans des interludes courts entre les cinq parties du roman, c'est malin et bien réalisé. 

Tout s'accélère quand l'audacieuse Lena, Shory et Asceline empruntent un passage vers des mondes. J'ai beaucoup aimé la mécanique, le moyen de transiter vers ces mondes, les détails sur leurs dimensions, leurs structures, la partie technique en somme qui permet de commencer à donner une physionomie à l'arche. Mais au fait, qui a créé cette arche, dans quel but et pour aller où ? L’idée de l'architecte de l'arche est très ambitieuse, seulement voilà une anomalie est apparue, elle risque de mettre en péril la mission, sans compter qu'un événement encore plus ennuyant va peut être venir sceller ce grand projet ! 

Pas de doute, on retrouve l'univers de Pyramides, et ça, c'est bien, mais avant cela, il va falloir partir à l'aventure, une aventure pas aussi accrocheuse que son prédécesseur, j'ai ressenti par moments des passages répétitifs. On comprend clairement que Romain Benassaya foisonne d'idées, et surtout des bonnes. Globalement ça se tient, bien que, moins réussi que le premier qui est moins dispersé, bénéficiant d’un impact plus puissant sur le lecteur. Néanmoins, l'intrigue est bien ficelée, l'auteur sait nous faire plaisir en distillant petit à petit les pièces du puzzle qui rend ce roman prenant avec une bonne dose d'aventure et de SF. What else !

(Je remercie les Éditions Critic pour m'avoir proposé la lecture de ce livre) 

Ma note:   8/10

Voir l'avis de : Yogo




 




 

mercredi 28 avril 2021

Pékin 2050

 

272 pages


Mon Post-it:

Dans ce roman d'anticipation, qui se situe dans la Chine de 2050, un événement est arrivé, l'écrivain, poète Yuwen Wanghu s'est suicidé alors qu'il vient d'être récompensé par le prix Nobel de littérature.
Alors, va commencer une enquête pour son ami Li Pulei qui va chercher à déterminer les causes de cet acte, un seul indice, les derniers mots de Wanghu : "je m'arrête ici. Prends soin de toi".
Grâce à sa puce cérébrale, Pulei utilise son âme-phone, et se connecte à "la communauté de conscience" pour obtenir ses réponses ;  les téléphones, les ordinateurs, même le web sont obsolètes !
L'entreprise Empire&Culture, avec son application "Manchot Empereur" a rendu son réseau social exclusif, pas le droit d'inviter d'autres amis ailleurs sur d'autres réseaux sinon, c'est l'exclusion, elle devient donc rapidement la principale source d'information mondiale ; le décor est planté, cela s'annonce bien, malheureusement au fil des pages, je me rends compte que les personnages sont plutôt froids, l'histoire, l'intrigue pas vraiment immersive, et même par moment trop lisse. Cependant, la curiosité m'a fait continuer ce court roman, afin de découvrir où l'auteur veut nous mener.
J'ai eu mes réponses vraiment à la fin, notamment sur la protection de l'espace privé et de la liberté de l'information, la sauvegarde des données personnelles, mais ça va beaucoup plus loin, avec l'orientation de la conscience, l'éradication des émotions humaines, une autre façon d'imaginer l'immortalité par le biais d'une sauvegarde intégrale d'une conscience individuelle pour la vie éternelle grâce à la transmigration ; dans quel but ultime, transformer l'humanité ?

Ce roman à des thématiques dans l'air du temps, le cybercontrôle, les dérives des réseaux et de communication numérique globale, cependant l'histoire n'est pas accrocheuse et les sujets mal exploités, et décortiquer un poème lyrique pour faire avancer l'intrigue, j'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé !


Ma note:  5/10








vendredi 23 avril 2021

Au carrefour des étoiles

256 pages, nouvelle traduction 


Mon Post-it:

Dans l'histoire, nous suivons Enoch Wallace, un gardien humain recruté par la confédération galactique, par le biais d'Ulysse un extraterrestre. Il vit dans sa maison familiale, une habitation un peu spéciale, car elle est un lieu de transit aux voyageurs de l'univers, nous faisons la connaissance d'espèces extraterrestres qui viennent depuis longtemps dans cette "station". La particularité d'Enoch est qu'il ne vieillit pas au rythme normal (il parait être un trentenaire, alors qu'il a 124 ans), alors forcément cela attire l'attention ...
On découvre la vie plutôt banale du personnage à l'extérieur, un rituel bien huilé et une vie riche de réflexion, d'enseignement à l'intérieur. En effet, Enoch, au fil du temps, communique, apprend, échange avec ses hôtes, il partage un café, reçoit des objets dont l'utilité reste parfois un mystère ; le lien d'amitié qu'il va aussi avoir avec Lucy, une jeune sourde et muette, nous fait assurément ressentir l'humanisme et la tolérance vis-à-vis de la vie quelle qu'elle soit. 
Les visiteurs interstellaires ne sont pas très développés dans l'histoire, mais on n'en sait quand même plus sur leur physique et leur tradition, ce qui nous permet de savourer ce roman, tout en finesse, la façon qu'ils arrivent d'ailleurs, est bien imaginé par l'auteur. 
Le thème de la guerre est présent dans le livre, sujet de préoccupation des auteurs de cette époque, mais il est bien amené, sans trop de lourdeur.
Enfin, deux événements vont venir perturber la vie d'Enoch, l'enquêteur de la CIA, Lewis qui va commettre un impair, et un artefact volé, garant de la paix de tout ce joli petit monde.

Un belle mosaïque de personnages et de sujets, Clifford D.Simak est un bon conteur, après une nouvelle qui m'avait plu "Bonne nuit, Mr James", et le roman "Demain, les chiens" que j'avais abandonné, voilà un classique gentillet que je vous conseille vraiment, il a plutôt bien traversé le temps.

Ma note :   8/10

D'autres avis parmi:  LuneL'épaule d'OrionYogo, ...





samedi 10 avril 2021

La Pierre jaune

 

432 pages 


Mon Post-it:

2024, L'histoire se situe dans la presqu'île de Rhuys, où un groupe d'activistes-anarchistes regroupé dans ce lieu-dit "La Pierre jaune", voit débarquer Jack, un policier infiltré britannique qui doit identifier et livrer certains membres de cette communauté.
Rapidement la mission de Jack va devenir complexe suite à un événement inattendu, deux avions sont venus percuter l'usine nucléaire de la Hague, un acte terroriste qui va principalement mettre la France, une partie de l'Angleterre et la Bretagne dans une situation de chaos sept fois plus grave que Tchernobyl !
L'auteur ne développe ni l'identité des terroristes, ni les raisons de cet acte, il a préféré se concentrer sur les conséquences, l'après... Le problème, c'est qu'il s'est trop attardé sur ce groupe en marge de la société, qui préfère rester sur place plutôt que d'évacuer la zone ; et du coup la partie qui aurait dû nous intéresser, à savoir : la survie, les mouvements de masse, la gestion politique, l'organisation, les premiers gestes à faire, la communication et j'en passe, sont restés à mon goût, beaucoup trop timides.
Alors, même si ça reste de la fiction, au vu des connaissances de Tchernobyl et Fukushima, peut-on imaginer que des gens puissent rester à trois cents kilomètres d'une telle catastrophe ? et surtout peut-on survivre sans aide en zone contaminée plus de six mois comme dans le livre, aux pluies acides, à la radioactivité, etc.? 
Même si cette facette du livre est décevante, tout n'est pas insatisfaisant, les rapports humains des "Jauniens" (c'est leur nom dans le livre) et la position de Jack pris en étau dans cette situation ami-ennemi, apporte à l'histoire un peu de volume, on se demande comment ces naufragés de l'atome vont s'en sortir, évoluer, et le personnage principal, ce flic infiltré Jack comment va-t-il ressortir de tout ça ? 
Une intrigue gentillette, qui tient la route et une fin plutôt conventionnelle.

C'est marrant que l'auteur utilise, Emmanuel Macron comme Président de la République en 2024, d'ailleurs, on a le sentiment que dans cette crise le gouvernement n'y est pas, il patauge.
J'ai appris des choses sur le nucléaire français, et cette fameuse usine de la Hague, la plus grande poubelle nucléaire du monde ! 
Mais également sur les fonctions réelles qu'ont l'iode et le bleu de Prusse sur le corps humain, qui peuvent vraiment prévenir une partie des effets néfastes de l'explosion radioactive.

Un livre informatif sur le nucléaire français (en sent que l'auteur connait bien son sujet), saupoudré de survivalisme et de post-apocalyptique léger.

Ma note:  6/10